PATRIMOINE / JEAN-ULYSSE DEBÉLY / 1873–1932
À Cernier, l’histoire de Jean-Ulysse Debély se lit encore dans les rues. Une architecture attentive aux usages, aux détails et au caractère de la région.
NÉ À CERNIER LE 28 AOÛT 1873
Issu d’une famille installée à Cernier depuis le XVIe siècle, Jean-Ulysse Debély appartient à une lignée où ce prénom se transmet. Plusieurs de ses proches ont aussi exercé l’architecture : il importe donc de distinguer l’architecte né en 1873 de ses homonymes.
Il se forme dans le bureau de Prince et Béguin, à Neuchâtel. En 1898, il épouse Angela-Marie Grassi, fille d’un entrepreneur. Le couple aura huit enfants.
Comme son père, il participe à la vie politique et aux sociétés locales. Son activité professionnelle dépasse la vallée : Maurice Evard mentionne également Neuchâtel, Le Locle, La Chaux-de-Fonds et Colombier.
UNE FAMILLE DE CERNIER
Jean-Ulysse Debély est le troisième de sa lignée directe à porter ce second prénom. La succession des Jean dans sa famille remonte au milieu du XVIIe siècle ; son implantation à Cernier est attestée dès le XVIe siècle.
Cadet de Cécile et Louise Emma, il est le fils d’Emma Jeanneret-Grosjean (1843–1911) et de Jean-Ulysse Debély (né en 1846). Son épouse, Angela-Marie Grassi, a vécu de 1875 à 1934.
La date de décès de son père diverge entre les sources : 1909 dans la notice de l’APBV, 1904 dans l’article de Maurice Evard. Elle reste à confirmer.
LES HUIT ENFANTS
1899 · Jean-Ulysse, quatrième du nom
1900 · André Maurice
1902 · René Henri
1903 · Marie Marguerite
1905 · Charles André
1906 · Annie Sylvia
1907 · Berthe Emma
1909 · Madeleine Antoinette
COMPRENDRE SON ARCHITECTURE
Le guide d’art rattache son œuvre au Heimatstil : une architecture qui puise dans les formes et les motifs du pays. Les références à la campagne environnante accompagnent des solutions constructives modernes, dont le béton armé.
Demeures, fermes et usines ne relèvent pas d’un modèle unique. Elles partagent une attention au lieu et aux détails, que l’on peut apprendre à reconnaître en observant les toitures, les volumes et les matériaux.
Au fil d’une promenade, comparez les silhouettes des bâtiments. Regardez comment une entrée, une fenêtre ou un toit distingue chaque réalisation. Cette lecture du paysage bâti donne une autre dimension aux trajets quotidiens.
AU TOURNANT DU XXE SIÈCLE
À la fin du XIXe siècle, les architectes empruntent à plusieurs traditions européennes, comme le cottage anglais ou le style normand. Au début du siècle suivant, l’intérêt se porte davantage vers les formes régionales.
La notice de l’APBV rapproche cette évolution de l’ouvrage d’Henry Baudin, Villas et maisons de campagne en Suisse, paru en 1909. L’œuvre de Debély s’inscrit dans ce renouvellement du regard porté sur l’art de bâtir.
À Cernier, le téléphone et le tramway accompagnent la modernisation du village. Debély associe pourtant les techniques nouvelles, dont le béton armé, à des formes inspirées du paysage rural.
La concentration de ses réalisations au Val-de-Ruz et leur conservation donnent à cet ensemble une importance particulière dans l’histoire locale.
UN ARCHITECTE GÉNÉRALISTE
Villas, maisons locatives et logements ouvriers font partie des réalisations recensées par Maurice Evard.
L’ancienne fabrique Williamson, à Chézard, figure parmi les bâtiments horlogers cités dans son article.
À Cernier, l’église et la cure catholiques, la banque et l’hôtel des postes illustrent d’autres dimensions de son activité.
REPÈRES À CERNIER
Vue et repères : Dirk Weiss, publiée par l’APBV. Les numéros ci-dessous correspondent à l’image.
01 / 1904
Un édifice lié aux communications et à la vie quotidienne.
02 / 1910
Un exemple d’architecture institutionnelle au cœur du village.
03 / 1909
Deux noms à retrouver sur la vue du village.
04 / 1908
Un repère dans l’ensemble résidentiel de Cernier.
05 / 1917
Une maison associée à son atelier.
06 / 1903
Des immeubles qui témoignent aussi de l’histoire du logement.
DES REPÈRES DANS LE TEMPS
1873 · Naissance à Cernier.
1898 · Mariage avec Angela-Marie Grassi.
1932 · Fin de vie de l’architecte.
2023 · Création de l’APBV.
2024 · Présentation publique du guide consacré à son œuvre.
Le parcours se prolonge aujourd’hui par la recherche, la transmission et l’attention portée aux bâtiments existants.
RECONNAÎTRE ET TRANSMETTRE
La présentation de l’APBV décrit un architecte dont la renommée locale s’est estompée au fil des crises du XXe siècle et de la modernisation. Elle souligne l’attention comparable qu’il apportait aux ateliers, aux maisons de maître et aux logements ouvriers.
Descendant d’un pasteur, Debély a aussi conçu une église catholique. Ce rapprochement rappelle la diversité de ses commandes et de ses intérêts.
Maurice Evard évoque également les halles de gymnastique et le soin apporté aux matériaux, à la taille de pierre et au travail des artisans. En 2000, Catherine Aeschlimann a peint son portrait dans une fenêtre obturée d’une réalisation située au Crêt du Mont d’Amin, à Cernier, à la demande de la famille et des propriétaires.
POUR ALLER PLUS LOIN
Adrien Noirjean propose une lecture de l’œuvre de Debély dans un guide d’art de 40 pages. Une invitation à poursuivre la découverte sur le terrain.
POUR APPROFONDIR